Les visites de l’Olympic au Standard dans le cadre de la Coupe de Belgique.
La Coupe de Belgique nous offrait un déplacement à Sclessin le 18 novembre 1967. Avec mes deux amis, nous nous étions déjà rendus au pied du terril liégeois à plusieurs reprises lors des rencontres de championnat.
La voiture aurait pu y aller toute seule tant le parcours lui était connu : l’autoroute de Wallonie (baptisée plus tard E 42) pas encore terminée nous contraignait à emprunter l’ancienne route le long de la Meuse. Ce parcours bucolique incitait à la folâtrerie de nos jeunes années. Il en fut ainsi à l’aller. Par contre au retour… !
Déjà, à Sclessin, notre vision était pour le moins perturbée. Ne croyez pas que les vapeurs éthyliques nous atteignaient. Au contraire, l’arbitre n’avait pas une meilleure vision que la nôtre puisqu’il arrêtait le match à la 23e minute tant le brouillard était épais. Nous avions eu le temps d’apercevoir Duquesne, Van Laer, Van Sevenant, Génicot, Debacq, Van Wilder, Eddy Goossens, Alfons Peeters, Heider, Deroo et Armand Peeters. Pour les joueurs du Standard, nous avions attendu les journaux du lendemain pour retrouver leur identité.
Après ce match avorté, il s’agissait de revenir à Charleroi … en « naviguant à vue » … le long de la Meuse. Celle-ci ne faisait rien pour alléger nos souffrances. Je n’ai jamais compté autant de poteaux de rivages pour signaler à notre chauffeur que l’eau froide n’était pas loin. Après plusieurs étapes réconfortantes, nous avons enfin retrouvé la métropole carolorégienne.
J’avoue (il y a prescription) que notre rendement (à tous les trois) au travail le lendemain ne fut pas des plus bénéfiques pour nos patrons respectifs.
L’Union Belge eut la bonne idée de faire rejouer ce match le … 24 décembre 1967.
Un des amis abandonnait et refusait ce déplacement. Il faut dire que la date n’enchantait que peu de monde mais, à cette époque, le public s’embarrassait peu de ces contingences. Les conditions climatiques étaient, cette fois, nettement différentes : un bon soleil d’hiver éclairait un terrain certes spongieux mais parfaitement jouable.
La luminosité ambiante permettait de reconnaître les deux formations qui s’alignaient dans les compositions suivantes :
Standard : Mathy, Beurlet, Spronck, Van Schoonbeek, Thissen, Dewalque, Naumovic, Semmeling, Claessen, Galic et Cajou.
Olympic : Duquesne, Van Laer, Goossens, Van Sevenant, Botti, Dedekker, Alfons Peeters, Tullio Andreatta, Deroo, Armand Peeters (31e Van Wilder) et Frans Tuyaerts.
Les Rouches prenaient la rencontre en mains et menaient 2-0 par l’entremise de Galic à la 31e et Dewalque à la 55e. Dans la minute suivante, Van Wilder réduisait l’écart. Un quart d’heure plus tard, De Dekker ramenait l’Olympic à la hauteur de son adversaire.
Commençait dès lors la séance de tirs au but : 1-0 par Claessen ; Van Laer : 1-1 ; Thissen : 2-1 ; Goossens : 2-2 ; Cajou au-dessus ; Deroo sur la transversale ; Galic au-dessus ; Tuyaerts : 2-3 ; Beurlet 3-3. Andreatta avait la qualification au bout des godasses. Il tirait imparablement … sur le piquet.
A cette époque, on repartait pour une deuxième série de tirs au but. Il fallait attendre, au préalable, que les supporters liégeois évacuassent la pelouse qu’ils avaient envahie suite au sursis qui leur était accordé.
Les mêmes tireurs s’adonnaient à une deuxième séance : 1-0 par Claessen ; Van Laer : 1-1 ; Thissen : 2-1 ; Goossens : 2-1 car Mathy détournait son tir ; Cajou voyait son envoi repoussé par Duquesne ; Deroo : 2-2 ; Galic : 3-2; Tuyaerts sur la transversale; Beurlet 4-2 ; Andreatta parachevait un travail devenu inutile : 4-3.
L’Olympic s’inclinait mais le retour en Carolorégie avait un énorme goût de cendres.
Standard-Olympic, en Coupe de Belgique, le 11 novembre 2005.
Dans son interview figurant sur notre site, Marie-Christine Pierart évoque la rencontre Standard-Olympic comme un de ses meilleurs souvenirs. Elle n’a pas tort car, sur le plan footballistique, une modeste équipe carolorégienne de D 3 allait secouer, sur ses terres, une formation liégeoise de haute voltige. Celle-ci respectait son adversaire mais subissait le match en première période tant les virevoltants avants olympiens donnaient le tournis à une défense locale désemparée.
Les Dogues alignaient : Delferrière, Bolou, Malacort, Nieus (81e Lamonaca), N’Diaye, Aka (72e Varela Gomes), Delière (87e Pedini), Pehe, Banga et Niangbo.
Le Standard lui opposait : Runje, Sarr, Beda, Onyewu, Léonard, Geraerts, Assou-Ekotto (87e Deflandre), Moreira, Wamberto (65e Conceiçao), Kovalenko (72e Roussel) et Niculae.
(extrait de la Gazette des Sports du 12/11/2005)
Les pensionnaires de D 3 en faisaient voir de toutes les couleurs à leur prestigieux adversaire pendant les vingt premières minutes. Ils auraient mérité l’avance minimale d’un but. Au contraire, un hands involontaire permettait au Standard d’ouvrir la marque de façon pas tout à fait méritée.
En deuxième période, Conceiçao descendait des tribunes où il était cloîtré afin de rejoindre la pelouse à la 65e minute. Sa présence dynamisait immédiatement son équipe et, à la limite du hors-jeu, Niculae fixait le score.
Delferrière multipliait ensuite les arrêts décisifs. Le Standard remportait une victoire … minimale face à une brillante formation de D 3.
Vous pouvez revoir la rencontre : 2 vidéos
René Jeanmenne
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